4 Motion c’est quoi ?

4 Motion est une asbl engagée sur le plan social, centrée sur le potentiel des jeunes en particulier. Didace Kalisa a rencontré l’un des fondateurs, Gary, Diederich.

4motion est une association sans but lucratif qui oeuvre pour que de plus en plus de personnes apprennent ensemble à mieux vivre. Concrètement, nous donnons des formations, nous animons des ateliers, nous intervenons en  tant que modérateurs, nous gérons des projets dans les domaines de la diversité, la non-discrimination, la participation, le bien-être, l’éducation aux risques et l’alphabétisation émotionnelle.

Quelle est sa mission ?

4motion œuvre à ce qu’enfants, jeunes et personnes vulnérables puissent libérer leur potentiel unique et prendre pleinement leur place dans la société.

En quoi cette organisation est-elle importante pour les jeunes ?

Au travers d’une grande partie de ses interventions et activités, 4motion donne la parole aux jeunes, leur permet de s’impliquer dans la vie de leur commune mais pas seulement là. 4motion les invite à participer d’avantage, en tant que citoyen et personne.

Comment percevez-vous la jeunesse luxembourgeoise en termes d’engagement?

Depuis toujours les adultes se plaignent que les jeunes s’engagent moins que leur propre génération. Par contre à travers nos projets et les collaborations avec nombreux acteurs nous ne pouvons pas confirmer cette impression. Les formes et les modalités de participation des jeunes, voir de tous les citoyens, ont profondément changé : la recomposition des institutions  qui monopolisaient jadis une forme spécifique de participation et d’éducation à la citoyenneté (l’école principalement)  et le déclin des formes traditionnelles de militantisme de masse (syndicats, partis politiques, etc.) ont favorisé l’émergence d’une panoplie d’associations porteuses d’objectifs très divers et d’espaces de socialisation plus médiatiques ou consuméristes. En conséquence, la participation semble aujourd’hui moins déterminée par l’environnement direct (la famille tout particulièrement) que par le choix individuel de s’impliquer. Des coalitions plus ponctuelles et plus spécialisées voient le jour : elles fonctionnent en réseaux et sont davantage poussées par le souci de l’efficacité et de la visibilité des résultats. Parallèlement, les individus se réalisent davantage dans des engagements au niveau local et autour de thématiques plus spécifiques. Sans viser les mêmes objectifs, les acteurs de ce que l’on appelle communément «la société civile» exercent aujourd’hui une certaine influence vis-à-vis des pouvoirs publics.

En tant qu’association positionnée parmi de nombreux acteurs (les jeunes, les représentants politiques, les experts, les professionnels..),  nous cherchons à repenser un espace public où une participation large et effective devient possible, traduisant par là même ce que la politique met aujourd’hui à la une de ses agendas sous le terme de « citoyenneté active » : en effet, la participation des citoyens aux décisions politiques fut par exemple identifiée comme l’un des principes fondamentaux du développement durable lors de la conférence de Rio de 1992, de même que la Commission Européenne mit l’accent sur l’implication des jeunes et sur leur inclusion sociale en procédant à la rédaction en 2002 d’un Livre Blanc de la Jeunesse, basé sur de nombreuses consultationslocales, r égionales, nationales et européennes.

Que vous inspire le mot : participation, en parlant des jeunes?

Richesse, créativité, inclusion, empowerment! Voilà ce que la participation des jeunes nous inspire. Comme chaque personne peut avoir un regard différent sur le monde, sur la manière dont les hommes s’organisent et ce qu’ils créent, les jeunes apportent une vision, des idées et des solutions nouvelles et de les prendre sérieux comme on devrait prendre au sérieux chaque citoyen et déconstruire toutes les barrières empêchant actuellement leur participation, leur permet de pleinement prendre place dans la société et d’être valorisé et renforcé.

La participation citoyenne doit-elle cibler un certain âge ?

Non, la participation citoyenne consiste pour nous à permettre à toute personne, indépendant de son âge, de développer et de renforcer ses capacités à exercer son rôle de citoyen et à faire preuve de responsabilité et d’initiative, notamment au niveau local. Ceci passe par une appropriation personnelle de cette notion souvent vague de citoyenneté, par une curiosité et un certain esprit critique à l’égard de l’action publique. Et pourquoi pas finalement par l’implication dans des projets concrets.

Pourquoi serait-il nécessaire que les jeunes prennent une part active à la vie citoyenne ?

Quand une personne ne participe pas à la vie citoyenne, elle prive celle-ci de ses idées, de ses talents, de sa créativité, de ses compétences… et vice-versa, si la société ne permet pas à une ou plusieurs personnes d’y participer, ces personnes sont privées d’opportunités de développement et dévalorisées.

Les jeunes du Luxembourg disposent-ils d’assez de moyens et de ressources pour participer à la vie citoyenne ?

De plus en plus d’activités sont proposées aux jeunes comme les forum des jeunes organisés par des communes, des journées d’échanges intergénérationnelles, le Parlement des Jeunes. Il s’agit d’un premier pas et nous espérons que d’autres initiatives vont continuer à se développer, aussi pour les plus jeunes, voir les enfants. Là ou il y a un vrai manque, c’est d’une structure facilement accessible et connue par les jeunes qui serait prête à les accompagner de A-Z dans la réalisation de leurs projets. Il existe une multitude d’acteurs et de structures mais ils sont rarement connus par ceux et celles qui en ont besoin. Mais surtout, là ou beaucoup de jeunes ont un intérêt réel et direct à participer aux environnements dans lesquels ils évoluent (école, travail, associations, communes,…) et seraient ainsi plus enclins à s’engager, les structures de décision ne le permettent que rarement par manque d’une vision claire de la participation de la part des adultes en charge d’une institution (lycée, commune, ministère, association,…).