Les élections présidentielles aux États-Unis 

Aujourd’hui le 8 novembre 2016, les citoyens des États-Unis ont le droit de voter pour le (la) prochain(e) président(e). Les élections aux États-Unis ne se tiennent pas sur un seul jour mais plutôt sur une année entière, l’année électorale. Au cours de l’année et surtout après les « primaries » la campagne électorale est devenue un vrai spectacle médiatique, même au niveau international.

Dans la 13ème édition du SLAM! nous avons parlé du système électoral des États-Unis et jeté un regard critique sur le candidat controversé Donald Trump. À l’époque les deux candidats finalistes des deux partis principaux n’étaient pas encore déterminés. Maintenant le (la) président(e) sera élu(e) des deux derniers candidats en liste : Trump, le candidat républicain, et Clinton, la candidate démocrate.

Rappelons brièvement la procédure d’élection des États-Unis. Dans une première phase appelée « primaries » le (la) candidat(e) à l’élection présidentielle du parti respectif est déterminé(e). Dans une deuxième phase, le jour de l’élection, la décision se fait entre les candidats déterminés auparavant lors des primaires. Les États-Unis disposent d’un suffrage universel indirect ce qui implique que les citoyens ne votent pas directement pour leur candidat favori. Lors des « primaries » les citoyens choisissent des délégués qui votent par après pour un candidat. Celui qui reçoit plus que la moitié des votes des délégués gagne les primaires. Cette étape permet alors de déterminer le candidat dans chaque parti qui va ensuite lancer sa campagne électorale. Les primaires avaient commencé le 1er février et ont été clôturées le 14 juin. Lors de l’élection présidentielle, les électeurs votent dans chaque État pour leurs grand(e)s électeurs(-trices) qui par la suite donneront leur voix à un des deux candidats présidentiels.

Néanmoins le candidat ne reçoit pas le nombre exact de votes puisque dans la plupart des États le principe du « Winner-takes-all » est appliqué. Illustrons ce principe avec l’exemple de la Californie : imaginons qu’il y a trente votes pour un candidat et vingt-cinq pour l’autre, le candidat ayant la majorité reçoit tous les votes, c’est-à-dire cinquante-cinq. Cette année la décision va être liée aux résultats obtenus dans les « swing states ». Ces derniers – contrairement au « safe states » – font basculer les élections et sont déterminants pour le résultat final. Cette fois-ci les « swing states » importants sont la Floride, la Caroline du Nord, l’Ohio et la Pennsylvanie.

Bien que la majorité de l’Europe occidentale ne considérait pas Trump comme candidat sérieux, ce dernier a finalement réussi à convaincre les électeurs américains. Avec ses paroles provoquantes, racistes et misogynes, Trump a beaucoup attiré l’attention et surtout celle des médias. Son adversaire Hillary Clinton, l’ancienne first lady et épouse de Bill Clinton, n’est pas moins contesté que Trump. Pendant les débats publics diffusés à la télévision les spectateurs ont eu l’occasion de voir que ces débats n’étaient pas forcément de nature publique et politique mais que la frontière entre vie privée et vie politique des candidats était floue. Le nombre de téléspectateurs a battu le record historique de plus de 84 millions lors du premier débat. La campagne électorale est en quelque sorte devenue une émission de télé-réalité avec Trump et Clinton comme acteurs principaux. Trump a accusé Clinton d’avoir envoyé des emails en tant que secrétaire d’État à partir d’une boîte de messagerie personnelle, tandis que Clinton lui a reproché de n’avoir pas publié sa déclaration d’impôts – une obligation pour les candidats à l’élection présidentielle.

Photo : flickr / Rich Girard

Donald Trump et Hillary Clinton (Photo : flickr / Rich Girard)

Jusqu’aujourd’hui aucun des deux candidats ne peut être considéré comme clairement favorit aux États-Unis. Par contre un sondage de TNS Ilres a constaté qu’uniquement 3 % des Luxembourgeois donneraient leur voix à Trump. 22 % des personnes interrogées ne voteraient ni pour Trump ni pour Clinton, dont une majorité d’électeurs plutôt jeunes âgés de dix-huit à trente-quatre ans. Dans une interview avec Jeremy Paxman pour un documentaire de la BBC, la jeune journaliste spécialisé en médias sociaux Cassandra Fairbanks a précisé qu’elle voterait pour Trump puisqu’elle considère Clinton comme une personne dangereuse qui joue sur sa puissance tandis que Trump veut être populaire. En outre, elle aborde un aspect aussi intéressant que frappant : « We have fifty-one candidates for Miss America and then we have two choices for president ». Ceci révèle d’un côté le sentiment dominant des électeurs qui ne sont pas satisfaits avec l’option Trump-Clinton et d’un autre côté ceci implique une approche critique face au système électoral qui ne laisse pas un choix assez diversifié à l’électeur. Actuellement la majorité du peuple américain a hâte que le débat se termine enfin.

La décision de qui va être élu prochain président(e) et vice-président(e) des États-Unis va être prise non officiellement après les élections d’aujourd’hui. Le candidat vainqueur doit atteindre au moins 270 voix des grand(e)s électeurs(-trices) sur les 538. Les bureaux de vote fermeront leurs portes vers 1 h du matin (heure du Luxembourg) le 9 novembre. Le résultat des élections va être confirmé officiellement lors du « electoral college » du 19 décembre 2016. Le nouveau président prendra ses fonctions en janvier 2017.

Martine